L'Étang du Château : Volume 2

Dimanche 26 juin 2016


Dans un précédent article de blog, je racontais comment j'ai découvert que le château avait autrefois un étang, ainsi que son histoire selon laquelle il avait été inondé pour servir de réservoir d'appoint à la ville de Dundee. Cependant, en 1957, une terrible tempête détruisit le réservoir. Le relativement triste plan d'eau restant à ce jour est encore plus petit que ce qu'était l'étang à l'origine.

En réponse à cet article de blog, on m'a envoyé une photo datant d'avant le déluge de 1957, montrant le réservoir dans toute sa splendeur d'antan.

L'image du réservoir avant la tempête de 1957

J'étais ravi de recevoir cette photo, et déterminé à la reproduire en trouvant le même point de vue sur la colline derrière le château. Des amis canadiens sont venus me rendre visite pendant les quelques jours de soleil radieux de la semaine passée. C'était l'excuse parfaite pour aller randonner et partir à la recherche du fameux spot. Il semble que le point de vue d'origine se trouve désormais au cœur d'une zone forestière. Le point de vue qui se rapproche le plus raisonnablement de celui d'origine se situait légèrement au-dessus de cette forêt, là où on peut à peine voir le château. Il est clair que l'étang actuel s'étendait autrefois presque jusqu'aux arbres verts foncés situés à gauche, et entre les deux bosquets verts foncés à droite. En effet, des bouleaux verts clairs poussent désormais là où se trouvait autrefois l'étang. Les bouleaux argentés, eux, sont adaptés aux milieux humides. Voilà donc l'ultime preuve de l'histoire du réservoir.

Le réservoir, aujourd'hui vidé

Un autre indice est cette écluse qui se trouve à sec, bien au-dessus du niveau actuel de l'étang. La structure a la même forme qu'un temple égyptien antique et est recouvert d'un champignon, le lichen, à la couleur orange vif. L'effet est à la fois archaïque et surnaturel.

Une écluse du réservoir

J'ai écrit l’histoire qui suit sur ma découverte de l'étang sous forme de mail adressé à des amis. La période semble appropriée pour mettre ce texte sur ce blog et ainsi clôturer le chapitre actuel de l'histoire de l'étang.

La découverte de l'Étang

Un jour, mon ami Andrew m'a dit qu'il aimerait essayer de retrouver les vestiges/fondations d'un hangar à bateaux qui figure sur une vielle carte de Glen Quharity. Au vu de la belle soirée ensoleillée, je lui ai répondu "Pourquoi pas y aller maintenant ?" On a suivi certaines des anciennes "routes" de la carte (qui je pense n'ont jamais été rien de plus que des chemins de terre), aujourd'hui envahies par la végétation.

Après s'être retrouvé un peu perdu dans les bois, on a aperçu le château à travers les arbres, ce qui nous a permis de retrouver notre sens de l'orientation. On s'est ensuite perdus à nouveau en longeant la rive d'une rivière, mais en gravissant une colline boisée, on a aperçu un plan d'eau qui scintillait à travers les arbres. C'était ce qu'on cherchait ! En effet, ce qui ressemblait à un petit lac vu du château est clairement, une fois au niveau du sol, un immense étang entièrement artificiel, aux berges en pierre. La cabane à bateaux, sur la rive nord, est plus ou moins intacte, grâce à une généreuse couche de créosote.

C'est donc l'étang du Château de Balintore !!! La disposition par rapport au château ne laisse aucun doute. Lorsqu'un architecte d'Édimbourg s'est vu offrir le château dans les années 70 pour 100 £, un "loch" était inclus dans le lot. Ce devait être celui-ci. Je n'avais jamais réalisé jusqu'ici que cet étang/lac constituait un élément majeur de l'infrastructure de divertissement du château. La main d'œuvre nécessaire pour le creuser, le border de pierres et mettre en place le système d'alimentation et de drainage, a dû être colossale. Les écluses se sont quelque peu effondrées, ce qui fait que le niveau de l'étang est plus bas que prévu. Si les écluses étaient réparées, il serait deux fois plus grand.

À notre arrivée, un héron s'est envolé et un cygne plutôt contrarié se trouvait au milieu de l'eau. On a décidé de partir en direction du nord en empruntant un chemin qui avait clairement servi d'accès aux calèches depuis le Château de Balintore.

Alors que nous étions sur le point de partir, Andrew m'a demandé : "Est-ce qu'on irait pas jeter un œil à l'intérieur du hangar à bateaux ?". Je lui ai répondu "Il faudrait descendre cette grande pente et remonter, ça va être épuisant.". Soudain, Andrew lâcha : "Qu'à cela ne tienne !", et se mit à dévaler la pente à toute vitesse. Je n'ai eu d'autre choix que de le suivre.

Par miracle, la porte du hangar à bateaux s'est ouverte. "Qu'est-ce que c'est ?", demanda Andrew, scrutant l'intérieur du hangar avec sa lampe torche. "On dirait une bâche en polyéthylène.", ai-je répondu en regardant une masse d'un blanc immaculé dans un coin du bâtiment. "C'est un cygne.", dit Andrew. "Il doit être en train de dormir", ai-je affirmé, car il n'y avait aucun signe de décomposition ni de blessure. "Non, il est mort.", dit Andrew, et effectivement, il y avait une très légère mais indéniable odeur de décomposition digne des mouettes mortes sur la plage. Le cygne du lac était donc son compagnon en deuil et désemparé. Un voisin avait mentionné avoir vu un cygne rôder dans les environs.

Tout ce voyage avait un petit quelque chose magique : traverser des chemins envahis par la végétation pour enfin découvrir que le château avait un étang. Avec le cygne mort, l'histoire a pris une dimension encore plus mythique. Et bien sûr, aucun de nous deux n'avait de caméra ! On a découvert par la suite que le garde-chasse de l'époque avait retiré le cygne mort de l'eau et l'avait mis dans le hangar à bateaux. Et à ce jour, les ossements du cygne s'y trouvent encore.

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