Mon Rôle dans le Braquage de la Banque de Kirriemuir en 2018

Vendredi 15 décembre 2023


Results Gym, une salle de sport, Kirriemuir (autrefois la Bank of Scotland)


Lors d'une journée ensoleillée et à la chaleur étouffante, à la belle époque où la ville de Kirriemuir comptait encore deux banques (contrairement à aujourd'hui où elle n'en a plus une seule), j'ai innocemment inséré ma carte bancaire dans le distributeur automatique de la Bank of Scotland (Banque d'Écosse). J'ai alors regardé l'écran du distributeur, mais le soleil tapait de plein fouet dessus, le rendant illisible.

Ce distributeur était installé dans une vitrine si haute au-dessus du trottoir qu'il m'était impossible de me pencher au-dessus de l'écran pour faire de l'ombre. Ce célèbre distributeur était si haut qu'il existe de nombreuses photos de résidents de Kirriemuir de petite taille debout sur une chaise pour retirer leur argent.

Il n'y avait rien que je puisse faire pour poursuivre ou annuler la transaction, alors j'ai rejoint la file d'attente à l'intérieur de la banque pour signaler leur appareil "en panne" et pour retirer mon argent d'une manière ou d'une autre. Naturellement, pendant que j'attendais (la queue était longue), le distributeur a avalé ma carte. Je n'arrêtais pas de sortir pour vérifier la situation dans la rue et, à un moment, j'ai entendu un bruit inquiétant.

Le guichetier m'a dit que je ne pouvais pas retirer d'argent car je n'avais pas de carte, et que je devais attendre au moins deux semaines avant qu'ils puissent me rendre ma carte. "Mais ma carte est juste là !", ai-je dit en pointant du doigt l'arrière du distributeur. "Nous n'avons pas la clé", m'a dit le guichetier. "Je ne vous crois pas. Appelez-moi votre responsable.", ai-je répondu.

J'ai passé une heure à discuter avec le responsable, qui lui aussi niait avoir la clé. Je lui ai dit que je ne quitterais pas la banque tant que je n'aurais pas récupéré ma carte, car c'était ma seule carte et que je ne pourrais faire aucun achat, quel qu'il soit, et que je n'avais aucun proche à qui emprunter de l'argent.

Je lui ai dit que leur système était un désastre en attente de se produire, et que le fait que ma carte ait été avalée relevait de leur responsabilité, pas de la mienne. Je leur ai dit que ce désastre a déjà dû se produire par le passé et se reproduira encore, et j'étais choqué qu'ils n'aient pas pas installé un auvent ou quelque chose d'autre pour remédier à la situation.

Le responsable a nié que cette situation s'était déjà produite. À cet exact moment, une petite dame âgée est rentrée dans la banque, paniquée, car sa carte venait d'être avalée à cause du soleil éclatant. J'ai fermement insisté pour ne pas quitter la banque, et finalement, il a réussi d'une manière ou d'une autre à ouvrir le distributeur et à me rendre ma carte. C'est pas trop tôt !

J'ai adressé une lettre de réclamation officielle à la Bank of Scotland : je n'ai jamais eu de réponse. J'ai envoyé des mails à répétition au responsable pour savoir quelles mesures avaient été mises en place pour éviter qu'une situation similaire se reproduise, mais il n'a jamais répondu. Mais bon, c'est peut-être le karma si la mesure qui a finalement été prise a consisté à le licencier de son poste de responsable lors de la fermeture de l'agence et du retrait du distributeur automatique.

En tout cas, je déteste l'inertie et la non-logique des grands organismes face aux problèmes où il existe des solutions simples. Au lieu de faire installer un auvent, j'ai fait fabriquer une pancarte en plastique (merci eBay) sur laquelle il est écrit :

écran illisible en plein soleil
appuyer sur le bouton rouge pour récupérer votre carte

Le responsable de la banque a affirmé que c'était de ma faute si ma carte était prise au piège parce que je n'avais pas appuyé sur le bouton rouge. Comment j'étais censé savoir ça ? Je n'avais jamais eu besoin d'appuyer sur le bouton rouge.

J'ai pris soin de choisir une police d'écriture sans serif assortie à celle du distributeur, et j'ai dimensionné le panneau de sorte à ce qu'il s'intègre parfaitement dans un espace rectangulaire libre sur le distributeur. J'ai opté pour des lettres rouges sur fond blanc, comme il convient pour une signalisation destinée aux situations d'urgence.

Je suis un adepte des méthodes simples et efficaces. Alors un soir, après avoir donné une conférence sur la restauration du château à Kirriemuir, j'ai enfilé ma cagoule et je me suis armé d'un pistolet à colle noir, dans lequel j'avais inséré un tube de colle industrielle. Je savais que je risquais d'être filmé par les caméras de vidéosurveillance, d'où la cagoule.

J'ai traîné dans l'obscurité du centre-ville en attendant le moment pour agir, soit quand il n'y avait plus personne aux alentours. Le seul problème était un jeune homme plutôt ivre, qui semblait ne pas bouger. "Je suis plus fort que ça", ai-je finalement pensé, et j'ai collé l'affiche sans me soucier de rien.

L'homme ivre avait les yeux écarquillés, ne comprenant pas vraiment ce qu'il regardait. Parfois, face à une telle situation, il faut savoir dire les choses telles qu'elles sont. "Je me suis dit que cette ville aurait bien besoin d'une meilleure signalisation" fut ma réponse à ses regards accusateurs.

Pour une raison que j'ignore, mon ami Andrew n'a pas voulu être mon complice dans cette affaire.

Heureusement, je crois que la pancarte est restée en place pendant environ 1 an et demi, sans doute en en sauvant plus d'un du kidnapping de carte bancaire. Je ne pense pas que les clients (ni même le personnel ?) se soient rendu compte que la pancarte ne faisait pas partie intégrante du distributeur automatique, bien que j'ignore les raisons ayant mené à son retrait final.

Après la fermeture de la Bank of Scotland, c'est le distributeur automatique de la Royal Bank of Scotland qui a été la cible d'un braquage à la voiture bélier, ce qui a entraîné la fermeture de ce dernier; comme une sorte de coup de grâce. Les distributeurs automatiques de Kirriemuir ont souffert de bien d'ignominies. :-)

Aussi ironique que cela puisse être, le bâtiment de la Bank of Scotland est mon préféré de tout Kirriemuir. Il est orné à l'extérieur de canons en pierre qui rappellent énormément ceux du Château de Balintore, au point que je pense que c'est le même tailleur de pierre qui en est à l'origine. En effet, l'entreprise de maçonnerie de Kirriemuir dirigée par George Watson a travaillé sur le Château de Balintore en 1860. Il est donc tout à fait possible qu'un de ses employés ait continué de travailler jusque dans les années 1880, lors de la construction du bâtiment de la banque.

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